Le Jumelage Entre Reims Et Nagoya Lance L’année Du Japon A Reims

Foujita veille à jamais sur Reims. La cité des sacres de 33 rois de France doit à cet artiste franco-japonais, brillante figure de l’Ecole de Paris, d’avoir noué des liens multiples avec Nagoya. Dans le sillage d’échanges culturels autour de son œuvre, le volontarisme des dirigeants des deux villes a conduit à la signature des serments de jumelage : le 20 octobre dernier à Nagoya et le 5 mai prochain à Reims. A cette occasion et jusqu’à la fin de l’année, habitants et touristes sont invités à porter des regards multiples sur le pays du Soleil levant, d’hier à aujourd’hui et à vivre des temps franco-japonais.

Le programme de l’année du Japon à Reims célèbre le 50e anniversaire de la mort de Foujita, illustre l’ouverture du Japon à l’Occident, il y a 150 ans avec l’avènement de l’ère Meiji et fait la part belle à la culture japonaise traditionnelle comme contemporaine.

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), artiste inclassable au talent extraordinaire est souvent considéré comme le peintre le plus grand et le plus original des artistes japonais du XXe siècle. Son œuvre foisonnante témoigne de la recherche d’un équilibre entre l’art occidental et l’art japonais. Il est intimement lié à Reims.

 

 

 

 

 

 

 

De la culture à l’enseignement et à l’économie

Initialement, les musées des Beaux-Arts de Nagoya et de Reims ont été partenaires autour d’expositions sur Foujita, Reims étant devenu une référence incontournable pour la compréhension de l’artiste. En effet, Reims accueille depuis 1966 la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, œuvre testament de ce dernier, dessinée et décorée de fresques. Grâce à la générosité de sa veuve Kimiyo puis de ses descendants, le musée des Beaux-Arts rémois s’est enrichi de plus de 2 000 pièces entre 2009 et 2014. Un catalogue en deux volumes sera prochainement édité. En octobre dernier, le Nagoya City Art Museum a présenté des chefs-d’œuvre du musée de Reims. En retour, Reims présentera à partir du 4 mai et pendant tout l’été une peinture de Soutine en provenance du Japon : « La fille de ferme ».

Reims et Nagoya ont en commun d’être chacune dépositaire d’un patrimoine si emblématique de leur propre pays qu’il attire les touristes en nombre. Ainsi, la cathédrale Notre-Dame, le palais du Tau et l’ancienne abbaye Saint-Remi inscrits sur la Liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, témoins de l’importance des sacres royaux dans l’histoire de France font écho au château de Nagoya. Ce dernier a été construit initialement en 1612 par le premier Shogun à avoir unifié le Japon : Ieyasu Tokugawa. Le musée éponyme conserve quant à lui une collection de plus de 10 000 objets ayant appartenu à ce shogun et à sa famille dont 9 trésors nationaux du Japon.

Récemment, des relations et partenariats se sont développés autour d’acteurs de théâtre, écoles, lycées, établissements d’enseignement supérieur, chercheurs, acteurs économiques et touristiques.

  • Du vendredi 4 au mardi 8 mai, accueil d’une délégation de Nagoya
  • En mai, des Reims International Days centrés sur le Japon
  • En juin, la Magnifique Society, festival de musiques actuelles invite 10 artistes japonais
  • Cet automne, projections, expositions, concerts, conférences, rencontres, initiations
  • Le génie d’illustrateur de Foujita sera à l’honneur avec deux expositions avec catalogue.
  • 250 œuvres japonaises inédites acquises au 19e siècle par des collectionneurs

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